Bologne (Italie), 19 Mars, 2020

Urgence COVID-19: pour les PME italiennes à court de liquidités, 15 milliards d’euros sont nécessaires au cours des trois prochains mois

L’urgence sanitaire en cours en Italie au cours des trois prochains mois aura un impact sur le fonds de roulement (ou cash-flow) des PME estimé entre 10 et 19 milliards d’euros sur un total de 342 milliards de créances et dettes commerciales.

C’est l’alarme déclenchée par le premier Observatoire du fonds de roulement créé par CRIBIS, société du groupe CRIF spécialisée dans l’information commerciale, et Workinvoice, la première plateforme italienne de trading de factures numériques.

L’Observatoire a analysé une échantillon d’environ 84 000 petites et moyennes entreprises avec un chiffre d’affaires compris entre 2 et 50 millions d’euros, en s’appuyant sur les données complètes du bilan 2018, et calculé l’extension possible des délais de collecte et de paiement en raison des répercussions économiques de l’urgence Covid-19.

CRIF Ratings, l’agence de notation du groupe CRIF, examinant le même échantillon d’entreprises a estimé que le besoins financiers globaux tout au long de 2020, y compris le remboursement de la dette financière et des investissements arrivant à échéance, il pourrait atteindre 45 milliards.

Les simulations effectuées sur l’échantillon de PME ont évalué l’effet d’un jusqu’à 20 jours de délais de recouvrement sur 190 milliards d’euros de créances clients et 10 jours sur 152 milliards d’euros de dettes fournisseurs. L’impact estimé indique une augmentation des crédits entre 30 et 41 milliards et entre 10 et 19 milliards pour le fonds de roulement net. En supposant une augmentation de jusqu’à 20 jours des temps de collecte, l’Observatoire en a trouvé un une croissance des créances clients d’environ 41 milliards d’euros, soit 22% du montant total des encours de crédit. Parallèlement, l’augmentation des jours de paiement aux fournisseurs entraînerait un cannulation de la dette commerciale de 22,6 milliards, soit 15%. A périmètre constant, l’aggravation des habitudes de paiement sur les 84 000 entreprises examinées correspond à 18,6 milliards d’euros (+ 11% du besoin en fonds de roulement net).

En supposant une baisse significative et généralisée de 70/80% du chiffre d’affaires au cours des 3 prochains mois (égal à 20% sur une base annuelle) selon l’Observatoire Cribis Workinvoice l’augmentation du fonds de roulement net à financer tomberait à 14,7 milliards d’euros, en supposant qu’une baisse aussi spectaculaire s’accompagne de nouveaux retards dans les délais de collecte et de paiement. La compression des stocks ne peut que temporairement atténuer la situation, mais les stocks devraient se reconstituer au cours des prochains mois.

En raison de l’urgence Covid-19, les deux scénarios possibles augmentent le besoin de liquidité des entreprises, écrasé par l’augmentation des délais de collecte, ainsi qu’une compensation non proportionnelle des délais de paiement aux fournisseurs et une réduction probable de chiffre d’affaires.